Le sommeil des bébés est parfois source d’anxiété pour les parents.

L’endormissement n’est souvent pas simple, les réveils souvent nombreux et les avis et commentaires de l’entourage sont souvent source de questionnements et de culpabilité pour les parents.

Avant d’aller plus loin, je vous dirai juste que vous seuls savez ce qui est bon pour vous et votre enfant. Les gens peuvent vous donner des millions de conseils, ce qui a fonctionné pour l’un n’aura pas fonctionné pour un autre. Nous sommes des êtres uniques, il en va de même pour les bébés.

Donne-t-on de mauvaises habitudes à nos bébés ?

J’ai longtemps endormi mon aîné dans les bras. Dans mes souvenirs, je l’ai fait de sa naissance jusqu’à la naissance de mon second, soit 18 mois plus tard. Dès le 2ème jour, j’ai fait les cents pas chaque soir jusqu’à 1h ou 2h du matin pour l’endormir et faire en sorte qu’il reste endormi lorsque je le posais. En grandissant, ça durait moins longtemps mais il fallait que j’attende le fameux soupir pour pouvoir le poser. On a vraiment galéré pour le coucher, mais jamais on l’a laissé pleurer. En fait si, on a tenté le fameux 5-10-15, mais je crois qu’au bout de 2 minutes on a craqué. C’était vraiment trop dur pour nous, et même si c’était épuisant de devoir passer tout ce temps à l’endormir, si c’était à refaire, je pense qu’on referait pareil. Aujourd’hui, il a 10 ans, et il s’endort tout seul depuis des années. Le temps que l’on a passé à l’endormir aux bras à servi à le rassurer afin qu’un jour, lorsqu’il s’est senti assez en confiance, il aie pu s’endormir seul, apaisé et serein.

Ce témoignage prouve qu’un bébé ne prend pas de mauvaises habitudes. Il a passé 9 mois en sécurité à l’intérieur du ventre de sa mère, apaisé par sa respiration et le son des battements de son cœur. Tout à coup, il se retrouve propulsé dans un monde hyper exposé sensoriellement (lumière, bruit, mouvement) et le seul endroit où il peut retrouver des sensations connues c’est au creux des bras de ses parents. Alors, pourquoi l’en priver ? Plus vous répondrez à ce besoin de contact, plus il se sentira en sécurité et deviendra autonome. Le maternage participe à l’autonomie.

Quid du cododo et de la vie de couple

Le cododo pose beaucoup de questions concernant la vie de couple, notamment les relations sexuelles.
Au sortir d’un accouchement, la maman est rarement envie de faire l’amour. Il faut laisser du temps à son corps de se remettre de cette naissance, La relation de couple se reconstruit à l’arrivée d’un enfant. C’est parfois compliqué car le bébé passe souvent avant les besoins des parents, surtout ceux de la maman et le papa peut se sentir rejeté. Il est important de garder des moments à deux, soit lorsque bébé dort, soit en faisant garder bébé quelques heures de temps en temps.
Pour en revenir au cododo, le lit conjugal accueillant le bébé, il va vous falloir trouver un autre lieu dans la maison pour retrouver votre intimité. Il faut faire preuve d’imagination, faire taire ses pensées limitantes qui font passer le lit conjugal pour LE lieu de l’intimité du couple. Une fois que vous aurez dépassé cela, vous verrez que votre vie de couple n’est pas plus impactée par le cododo que si bébé était dans sa propre chambre.
Attention aussi, pour le bien-être de votre couple, à ne pas vous servir du cododo comme excuse pour repousser votre partenaire.

La culpabilité vis à vis des remarques

Il est facile pour des personnes extérieures à votre cocon familial de vous faire des remarques concernant la manière dont vous gérez le sommeil de votre bébé.
Il est plus difficile pour une jeune maman (et même pour un jeune papa) de ne pas culpabiliser à ce genre de remarques. Le manque de sommeil, le post-partum, le questionnement de savoir si son enfant est « normal » n’aide pas à ne pas avoir cette culpabilité.
L’intention des personnes qui vous font ces remarques n’est pas forcément mauvaise, c’est souvent parce qu’elles voient que vous avez du mal à maintenir la tête hors de l’eau qu’elles tentent de vous donner des conseils. Mais, encore une fois, vous êtes (vous et le papa) les seules personnes à savoir ce qui est bon pour votre bébé.

Que faire face à ces remarques ? Tout simplement (je sais, c’est facile à dire, moins à appliquer) les laisser glisser sur vous comme s’il s’agissait d’une averse. Vous les écoutez mais vous continuez à faire comme bon vous semble. Si vous pensez que la personne en face de vous est en capacité d’accepter une discussion sans prouver qu’elle a forcément raison, vous pouvez lui expliquer les raisons de votre choix. Si la personne en face de vous a des idées bien arrêtées sur la question et que vous savez pertinemment que vous n’arriverez pas à la convaincre que votre façon de faire est aussi valable que la sienne, laissez tomber. Dites lui « oui, je vais essayer » et passez à autre chose.

Une chose est importante lorsque vous devenez parents, c’est d’essayer de vous entourer de personnes en qui vous pouvez avoir confiance et vers qui vous pouvez vous tourner en cas de doutes.

« Il faut tout un village pour élever un enfant » – Proverbe africain

Est-ce normal que mon enfant ne dorme pas beaucoup en journée / la nuit / le jour et la nuit ?

Dans les nombreuses recommandations que vous pourrez lire sur le sommeil d’un bébé, on vous dira que :
– à la naissance il dort environ 20h sur 24
– de 1 à 3 mois, il dort environ 14 à 17h sur 24
– de 3 à 6 mois, il dort environ 12 à 15h sur 24
– de 6 à 12 mois, il dort environ 15h sur 24
– après 12 mois , il dort environ de 11 à 14h sur 24.
Ces heures sont réparties sur la journée et la nuit.
Il est difficile pour un bébé de moins de 8-9 mois, à mon sens, d’avoir un rythme de sommeil bien calé. En effet, sa journée n’est pas encore rythmée par les 4 repas quotidiens.

D’autre part, on ne peut pas faire dormir un bébé s’il n’en a pas envie. Certains bébés vont beaucoup dormir en journée et la nuit, d’autres vont être bien éveillés la journée et bien dormir la nuit, d’autres encore ne dormiront bien ni la journée ni la nuit. Chaque bébé a son propre rythme de sommeil.
Pour être sûr que son bébé est prêt à dormir, il faut apprendre à repérer les signes. Certains vont se frotter les yeux et râler un peu, d’autres vont pleurer très fort et n’arrêter que lorsqu’ils auront trouvé la sécurité suffisante pour lâcher prise, d’autres vont se toucher les oreilles ou les cheveux… D’autres encore s’endormiront là où ils sont, sans qu’on ne s’en rendent compte. Il y a autant de bébés que de manières différentes d’exprimer le besoin de sommeil.

Il est vraiment difficile d’obliger un bébé à dormir s’il n’en a pas envie. Le risque ? Le faire pleurer, voire hurler et ce n’est vraiment pas comme ça qu’il trouvera le sommeil. Est-ce que vous dormiriez si on vous disait « maintenant tu vas te coucher et tu dors » alors qu’il est 14h et que vous n’avez qu’une envie c’est de vous poser au soleil avec un bon bouquin ou de jouer à votre jeu vidéo préféré ? Dites-vous que c’est pareil pour votre bébé.

Le corps a des rythmes, celui du sommeil en est un. On ne peut pas dormir sur commande

Mon enfant va être gardé, il ne s’endort pas seul…

En fonction du mode de garde que vous allez choisir, dans la mesure où vous avez le choix sur votre lieu de résidence, essayer d’adapter ce choix en fonction des besoins de votre enfant et de ce que vous souhaitez pour lui.

Si votre enfant ne s’endort que dans les bras, ou au sein pour un bébé allaité, préférez peut-être une assistante maternelle qui aura moins d’enfants à s’occuper qu’en crèche et pourra mieux répondre aux besoins de proximité de votre enfant.
Si vous acceptez que l’on accompagne votre enfant au sommeil mais qu’on le laisse aussi un peu pleurer, vous pouvez vous diriger vers un accueil collectif tel qu’une crèche ou une micro-crèche. Même si l’on vous dit que votre enfant sera accompagné dans son sommeil (ce n’est pas un mensonge), il vous faut savoir que les professionnelles ne peuvent pas passer 1h à endormir votre enfant. Il y a d’autres enfants, et quand une professionnelle s’occupe d’un endormissement, d’autres enfants ont aussi besoin d’elle.

Voici les taux d’encadrement pour une assistante maternelle et en crèche : une assistante maternelle peut garder simultanément 4 enfants maximum (et jamais 4 bébés). En crèche, on compte un professionnel pour 5 enfants qui ne marchent pas et 8 qui marchent. Donc un professionnel en crèche peut être en charge de 5 bébés en même temps… Vous comprendrez qu’il est difficile de passer 1h sur un endormissement aux bras…

Lors de votre premier rendez-vous avec la personne qui gardera votre enfant, expliquez bien comment s’endort votre enfant, si vous avez un rituel,… Et voyez ce que la personne vous en dit, si elle peut poursuivre de son côté ou si elle vous fait d’autres propositions pour accompagner votre enfant vers le sommeil. C’est très important.

Expérience personnelle

Mon 4ème a été gardé en crèche quelques mois. C’était un bébé allaité, il a commencé la crèche il avait 6 mois. Un soir, je vais le chercher et l’EJE me dis « C. s’est fait fâcher à la sieste aujourd’hui ». Vous imaginez bien que j’ai été un peu surprise. Comment peut-on fâcher un bébé de 6 mois ?? Voyant mon étonnement elle me dit, tout naturellement : « quand il s’endort il fait du bruit, alors je l’ai fâché parce qu’il empêche les copains de dormir »… J’ai difficilement pu garder mon calme, déjà il avait l’habitude de s’endormir au sein, donc c’etait quand même bien qu’il arrive à s’endormir seul, alors le fâcher parce qu’il fait du bruit (en fait il faisait des petit bruits avec sa bouche) c’est un peu exagéré. J’ai tenté la discussion mais visiblement, elle ne semblait pas prête à changer. Je n’avais pas envie que mon fils se fasse fâcher tous les jours donc, avec mon mari, nous avons pris la décision de le sortir de la crèche et nous avons trouvé une assistante maternelle. Ce n’était pas le plus simple pour nous, mais c’était ce qu’il y avait de mieux pour notre fils.

Accompagnement parental

Vous vous posez des questions sur le sommeil de votre enfant, vous aimeriez l’avis d’un professionnel qui se comporterait plus en amie qu’en professionnel, vous avez besoin de parler de vos difficultés dans votre quotidien de parents ?
Je suis à votre écoute du lundi au samedi de 9h à 18h30.
Je vous propose diverses formules d’accompagnement personnalisés. Un premier contact téléphonique gratuit vous permettra de me présenter votre problématique et de voir ensemble quel accompagnement nous pouvons mettre en place pour vous aider.

Lorsque le petit humain vient au monde, il est « immature » et complètement dépendant de ses parents pour survivre, contrairement à tous les autres mammifères.
Dans un essai publié en 1975, Jean LIEDLOFF décrit le Concept du continuum, qui consiste à dire que la proximité physique et psychique mère/enfant est nécessaire pour le bien-être de chacun. Cette proximité va aider à mettre en place le lien d’attachement qui permettra au bébé de se développer en toute sécurité. Lors de cette période, l’allaitement, le cododo, le portage physiologique, le peau à peau… en résumé, le maternage proximal est très important.

10 bonnes raisons de porter son bébé :

* favorise l’attachement entre le bébé et ses parents
* effet apaisant sur les pleurs de l’enfant
* favorise la mise en place de l’allaitement
* permet la régulation de la température, soulage les reflux et les coliques du nourrisson
* permet l’acquisition de l’autonomie en toute confiance
* permet d’avoir les mains libres : faire autre chose tout en répondant au besoin de bébé
* plus économique qu’une poussette et tout terrain
* permet au papa d’avoir un rôle plus actif
* permet d’être plus disponible pour les aînés tout en s’occupant du tout petit
* aide à développer ses compétences de parents

Les différents moyens de portage

* l’écharpe tissée
* l’écharpe extensible ou tricotée
* le sling (tissé ou extensible)
* le porte-bébé préformé
* le mei-taï (ou porte-bébé chinois)
* le onbuhimo
* les porte bébé d’appoint : le tonga, le tube…
* le mbotou (ou pagne)

Un peu de physiologie

On parle de portage physiologique, car il respecte la physiologie du corps de bébé. En position physiologique, le bébé est :
* en position « assis-accroupi » : il s’agit de la position naturelle de bébé lorsqu’on le prend contre soi, elle lui permet de s’ancrer sur le porteur
* le dos est arrondi pour respecter la cyphose dorsale de bébé, en appui sur les fesses
* le bassin est naturellement basculé
* les genoux sont repliés à la hauteur du nombril
* les cuisses sont orientées vers le haut, plus ou moins écartées pour le respect des hanches, sans forcer cet écartement
* la tête est dans l’axe de la colonne vertébrale

Les étapes de développement du bébé et les positions de portage adéquates :


Ces descriptions sont données à titre indicatif, il conviendra d’utiliser les signes distinctifs plutôt que les tranches d’âges.

Porter un bambin

Le portage ne se limite pas aux premiers mois de vie. Même un enfant qui se déplace seul (à quatre pattes ou en marchant) a besoin d’être porté. D’une part parce que ses petites jambes ne sont pas encore assez musclées pour de longues marches mais parce qu’il a encore besoin de ce contact avec son parent.
Il existe des moyens de portage adaptés aux bambins (à partir de 18 mois, en fonction du gabarit de votre enfant) :
* l’écharpe tissée
* le mei-taï toddler
* le porte-bébé préformé toddler
* le onbuhimo toddler
* le porte-bébé filet type Tonga

Bibliographie

Si vous souhaitez en savoir plus sur le portage, je vous invite à lire ces deux livres :

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